Back to top

Les défenseur⸱ses des droits humains biélorusses Nasta Loika, Marfa Rabkova et Valiantsin Stefanovich graciés et expulsés vers la Lituanie

Statut: 
Libéré
À propos de la situation

Le 19 mars 2026, les autorités biélorusses ont libéré et gracié environ 250 prisonniers politiques, parmi lesquels les défenseuses des droits humains Nasta Loika et Marfa Rabkova, ainsi que le défenseur Valiantsin Stefanovich. Avec douze autres prisonniers politiques, ils ont été expulsés de Biélorussie vers la Lituanie, sans papiers d'identité et sans avoir la possibilité de rester en Biélorussie. Cette libération est le fruit de négociations entre les États-Unis et la Biélorussie, qui ont conduit les États-Unis à lever les sanctions contre plusieurs entreprises biélorusses publiques ou liées à l'État. Ces sanctions avaient été imposées en raison des graves violations des droits humains commises par les autorités biélorusses lors des manifestations qui ont suivi l'élection présidentielle de 2020.

Valiantsin Stefanovich avait été arrêté de manière arbitraire en juillet 2021. En mars 2023, il a été condamné à onze ans de prison pour « contrebande » (article 228.4 du Code pénal biélorusse) et « financement d'actions collectives portant gravement atteinte à l'ordre public » (Code pénal biélorusse).

À propos de Valiantsin Stefanovich

Valiantsin Stefanovichest un éminent défenseur des droits humains biélorusse, membre du conseil d'administration de l'organisation de défense des droits de l'homme « Viasna » et vice-président de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH). Valiantsin Stefanovich est un expert en matière de droits humains et milite pour l’abolition de la peine capitale en Biélorussie. Il participait également à des missions d'observation des élections menées par l'OSCE.

25 Mars 2026
Les défenseur⸱ses des droits humains biélorusses Nasta Loika, Marfa Rabkova et Valiantsin Stefanovich graciés et expulsés vers la Lituanie

Le 19 mars 2026, les autorités biélorusses ont libéré et gracié environ 250 prisonniers politiques, parmi lesquels les défenseuses des droits humains Nasta Loika et Marfa Rabkova, ainsi que le défenseur Valiantsin Stefanovich. Avec douze autres prisonniers politiques, ils ont été expulsés de Biélorussie vers la Lituanie, sans papiers d'identité et sans avoir la possibilité de rester en Biélorussie. Cette libération est le fruit de négociations entre les États-Unis et la Biélorussie, qui ont conduit les États-Unis à lever les sanctions contre plusieurs entreprises biélorusses publiques ou liées à l'État. Ces sanctions avaient été imposées en raison des graves violations des droits humains commises par les autorités biélorusses lors des manifestations qui ont suivi l'élection présidentielle de 2020.

Nasta Loika est une éminente défenseuse des droits humains biélorusse qui travaille dans le domaine de l’éducation aux droits humains. Son travail se concentre sur les lois répressives « anti-extrémistes » et sur la protection des droits des migrants et des apatrides en Biélorussie. À l’été 2021, les autorités biélorusses ont fermé l’organisation avec laquelle Nasta Loika travaillait, Human Constanta, qui promouvait les intérêts publics et les actions conjointes en réponse aux défis modernes dans le domaine des droits humains. Cette fermeture s’inscrivait dans le cadre d’une attaque orchestrée contre la société civile dans le pays.

Nasta Loika était détenue depuis septembre 2022. En juin 2023, le tribunal municipal de Minsk l’avait condamnée à sept ans de prison. La Cour l’a déclarée coupable d’« incitation à la haine ou à la discorde raciale, nationale, religieuse ou sociale » en vertu de l’article 130, partie 3 du Code criminel de la République de Biélorussie.

Maria Rabkova est défenseuse des droits humains et coordinatrice du Service de bénévolat au sein de l’Human Rights Centre Viasna (HRC Viasna). Ses activités en faveur des droits humains comprennent le suivi des manifestations pacifiques qui ont éclaté après les résultats de l’élection présidentielle de 2020, ainsi que la documentation des cas de torture et autres mauvais traitements contre les manifestants détenus.

Maria Rabkova est détenue depuis septembre 2020. En Septembre 2022, le tribunal de Minsk l’a condamnée à 15 ans de prison et à une amende pour avoir violé 10 articles du Code pénal biélorusse : « organisation d’émeutes de masse » (Article 293 [1] ), s’être « préparée à participer à des émeutes de masse » (Article 293 [1,13, 2]), avoir « préparé d’autres personnes à participer à des émeutes de masse » (Article 293 [3]), avoir « établi et dirigé une organisation criminelle » (Article 285 [1]), « appel à agir contre la sécurité nationale de la Biélorussie » (article 361 [3]), « formation d’un groupe extrémiste » (article 361-1 [1]), « incitation à d’autres formes de haine sociale par un groupe de personnes » (article 130 [3]), « hooliganisme malveillant » et « hooliganisme particulièrement malveillant » (article 339 [2] et 339 [3]), « profanation des structures et dégradation de biens » (article 341). L’audience s’est tenue à huis clos.

Valiantsin Stefanovich est un éminent défenseur des droits humains biélorusse, membre du conseil d'administration de l'organisation de défense des droits de l'homme « Viasna » et vice-président de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH). Valiantsin Stefanovich est un expert en matière de droits humains et milite pour l’abolition de la peine capitale en Biélorussie. Il participait également à des missions d'observation des élections menées par l'OSCE.

Valiatsin Stefanovich était détenu arbitrairement depuis juillet 2021. En mars 2023, il a été condamné à onze ans de prison pour « contrebande » (article 228.4 du Code pénal biélorusse) et « financement d'actions collectives portant gravement atteinte à l'ordre public » (Code pénal biélorusse).

Front Line Defenders salue la libération de Nasta Loika, Marfa Rabkova et Valiantsin Stefanovich. Toutefois, l'organisation réaffirme que ces trois défenseur⸱ses des droits humains ont été placés en détention sur la base d'accusations infondées et uniquement en représailles contre leur action pacifique et légitime en faveur des droits humains. Front Line Defenders condamne les agissements des autorités biélorusses, en particulier la détention de défenseur⸱ses des droits humains et leur utilisation comme moyen de pression dans les négociations visant à obtenir un allègement des sanctions.