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Équateur : Ouverture de procédures judiciaires injustes contre le défenseur des droits humains et de la nature David Fajardo Torres et gel répété de ses comptes bancaires

Statut: 
Harcèlement financier
À propos de la situation

Le 26 mars 2026, l'Unité d'analyse financière et économique (UAFE) a gelé le compte bancaire du défenseur des droits humains et de la nature David Fajardo Torres. L'UAFE est l'autorité chargée de prévenir et de détecter les transactions liées au blanchiment d'argent et à d'autres délits financiers en Équateur. C'est la deuxième fois que David Fajardo Torres est victime de cette mesure arbitraire, qui témoigne d'une pratique systématique de harcèlement financier visant à entraver son travail de défenseur des droits humains et de la nature et, surtout, à nuire à l'action des organisations pour lesquelles il travaille et qu'il soutient.

À propos de David Fajardo Torres

David Fajardo Torresest un avocat et défenseur de la nature basé à Cuenca. Son action en faveur des droits humains porte principalement sur les industries extractives, en particulier dans les paramos (marais) de Kimsakocha, et s'inscrit dans le cadre de la défense de l'eau, des paramos et des droits collectifs. Il participe à des initiatives associatives telles que le Cabildo Popular por el Agua de Cuenca (Conseil populaire de l'eau de Cuenca) et Yasunidos, où il promeut les actions en justice stratégiques, la sensibilisation des communautés et la mobilisation sociale pour la défense des droits de la nature. Son travail allie actions en justice et travail de terrain, dans le but de protéger les principales sources d'eau et leurs écosystèmes en renforçant la participation des citoyens aux décisions environnementales. Dans ce contexte, il joue un rôle actif dans les initiatives de mobilisation sociale de grande envergure visant à défendre l'eau dans la province d'Azuay, notamment à travers des marches et des campagnes contre les projets miniers qui menacent des écosystèmes fragiles.

9 Avril 2026
Équateur : Ouverture de procédures judiciaires injustes contre le défenseur des droits humains et de la nature David Fajardo Torres et gel répété de ses comptes bancaires

Le 26 mars 2026, l'Unité d'analyse financière et économique (UAFE) a gelé le compte bancaire du défenseur des droits humains et de la nature David Fajardo Torres. L'UAFE est l'autorité chargée de prévenir et de détecter les transactions liées au blanchiment d'argent et à d'autres délits financiers en Équateur. C'est la deuxième fois que David Fajardo Torres est victime de cette mesure arbitraire, qui témoigne d'une pratique systématique de harcèlement financier visant à entraver son travail de défenseur des droits humains et de la nature et, surtout, à nuire à l'action des organisations pour lesquelles il travaille et qu'il soutient.

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David Fajardo Torres est un avocat et défenseur de la nature basé à Cuenca. Son action en faveur des droits humains porte principalement sur les industries extractives, en particulier dans les paramos (marais) de Kimsakocha, et s'inscrit dans le cadre de la défense de l'eau, des paramos et des droits collectifs. Il participe à des initiatives associatives telles que le Cabildo Popular por el Agua de Cuenca (Conseil populaire de l'eau de Cuenca) et Yasunidos, où il promeut les actions en justice stratégiques, la sensibilisation des communautés et la mobilisation sociale pour la défense des droits de la nature. Son travail allie actions en justice et travail de terrain, dans le but de protéger les principales sources d'eau et leurs écosystèmes en renforçant la participation des citoyens aux décisions environnementales. Dans ce contexte, il joue un rôle actif dans les initiatives de mobilisation sociale de grande envergure visant à défendre l'eau dans la province d'Azuay, notamment à travers des marches et des campagnes contre les projets miniers qui menacent des écosystèmes fragiles.

Le 26 mars, David Fajardo Torres a découvert que son compte bancaire avait été gelé. Lorsqu’il a contacté sa banque, il a appris que le compte avait de nouveau été bloqué à la demande de l'UAFE. C'est la seule information officielle que le défenseur de la nature a reçue à ce jour. Début mars 2026, le Cabildo por el Agua de Cuenca – dont David Fajardo Torres est l’un des porte-parole – a déposé un recours constitutionnel contre la nouvelle loi organique relative au renforcement des secteurs stratégiques de l’exploitation minière et de l’énergie, proposée par le gouvernement équatorien et adoptée en février 2026 dans le cadre d’une procédure d’urgence, avec un examen parlementaire limité.

En septembre 2025, David Fajardo Torres a déjà été victime d'une mesure similaire de la part des autorités. Quelques jours après avoir participé à une grande manifestation contre un projet minier dans le paramo de Kimsacocha et pour la défense de l'eau à Cuenca, manifestation connue sous le nom de « Quinto Río », certains de ses comptes bancaires ont été gelés à la demande des autorités de contrôle financier. Les organisations locales considèrent qu’il s’agit d’une tentative d'intimidation à l'encontre des organisations qui avaient organisé la marche, notamment le Cabildo Popular por el Agua de Cuenca. À la suite du gel de ses comptes, le parquet a engagé des poursuites à son encontre et a déposé des plaintes pour enrichissement personnel injustifié et financement du terrorisme. À ce jour, les procédures judiciaires sont toujours en cours. En décembre 2025, un tribunal aurait ordonné la levée du gel des comptes, ce qui a renforcé les inquiétudes quant à l'absence de preuves et de justification d'une telle mesure.

Le gel des comptes bancaires des défenseur⸱ses des droits humains et des organisations locales est devenu une pratique courante en Équateur, appliquée sans notification préalable ni procédure régulière. La base juridique invoquée pour cette mesure est la loi sur la transparence sociale récemment promulguée, et qui a également été adoptée selon une procédure d'urgence. D'autres défenseur⸱ses des droits humains et organisations de la société civile ont également signalé avoir été confrontés à des mesures similaires, ce qui laisse supposer l'existence d'un schéma persistant de persécution collective qui expose les défenseur⸱ses à la stigmatisation, à la criminalisation et à des restrictions injustifiées, notamment des représailles judiciaires et financières. Par ailleurs, les autorités ont déclaré publiquement que les organisations locales de la société civile étaient liées à des activités économiques illicites, ce qui aggrave la criminalisation, la stigmatisation et les risques encourus par les défenseur⸱ses des droits humains, en particulier celles et ceux qui œuvrent en faveur de la protection de la nature et des droits territoriaux et autochtones.

La situation en Équateur suscite des inquiétudes croissantes parmi les organisations internationales de défense des droits humains, qui ont mis en garde contre un rétrécissement progressif de l'espace civique dans le pays. Le renforcement des mesures de sécurité, associé à l'adoption de nouvelles lois et à des réformes de la réglementation, a considérablement élargi les pouvoirs de contrôle de l'État sur les activités de la société civile. Les autorités ont mis en place des mesures pénales, administratives et financières qui sont utilisées de manière disproportionnée à l'encontre des défenseur⸱ses des droits humains, entravant ainsi le travail légitime de la société civile.

Front Line Defenders exprime sa profonde inquiétude face au gel répété des comptes bancaires du défenseur des droits humains et de la nature David Fajardo Torres, ainsi qu’aux poursuites judiciaires visant à criminaliser son travail en faveur des droits humains. Le gel des comptes bancaires constitue une restriction grave qui affecte non seulement la vie privée du défenseur, mais aussi sa capacité à poursuivre son travail, en limitant son accès aux ressources de base et en entravant son action organisationnelle et juridique. Front Line Defenders affirme que cette mesure constitue une forme de harcèlement et de criminalisation qui vise avant tout à saper directement le travail légitime de David Fajardo Torres et des organisations qu’il soutient, telles que Cabildo por el Agua de Cuenca et Yasunidos. Enfin, Front Line Defenders craint que de telles mesures aient un impact négatif considérable sur l'ensemble de la communauté des défenseur⸱ses des droits humains et des organisations, en créant un climat de peur qui pourrait décourager et réduire au silence les voix critiques en Équateur.

Front Line Defenders exhorte les autorités équatoriennes à :

  1. Lever immédiatement le gel du compte bancaire de David Fajardo Torres ;
  2. Mettre fin à tous les actes d’acharnement judiciaire ou autre, y compris le recours à des mesures financières à titre de représailles contre l'action de David Fajardo Torres en faveur des droits humains ;
  3. Garantir le respect des procédures et le droit à un procès équitable pour David Fajardo Torres ;
  4. S'abstenir de recourir à des mécanismes judiciaires, administratifs ou financiers visant à criminaliser la défense légitime de l'eau, de la nature et des droits humains en Équateur, ainsi que de tenir des discours ou de faire des déclarations qui stigmatisent les défenseur⸱ses des droits humains ;
  5. Reconnaître publiquement le rôle légitime et fondamental que jouent les défenseur⸱ses des droits humains dans une société démocratique et dans la protection de l'État de droit ;
  6. Veiller à ce que tous les défenseur⸱ses des droits humains et de l'environnement puissent mener à bien leur travail sans craindre de représailles.