Back to top

La police nationale reste inactive après l'agression d'Olena Shevchenko et d'Anastasiia Gerasymenko

Statut: 
Agressée
À propos de la situation

Le 10 mai 2026, six hommes non identifiés ont agressé les défenseuses des droits humains Olena Shevchenko et Anastasiia Gerasymenko dans la ville d'Ivano-Frankivsk, en Ukraine. Elles revenaient d'une manifestation pacifique contre le nouveau projet de Code civil ukrainien, que la Verkhovna Rada (le Parlement ukrainien) a adopté en première lecture le 28 avril 2026. Après l'agression, les défenseuses ont fait face à de grandes difficultés lorsqu'elles ont tenté de signaler l'incident aux forces de l'ordre locales, devant insister pour que la police accepte leur plainte.

À propos d'Anastasiia Gerasymenko

Anastasiia Gerasymenko est une défenseuse des droits humains et une militante féministe qui dirige l'initiative « Марш Жiнок » (Marche des femmes) en Ukraine. Cette initiative s'appuie sur les valeurs de sororité et de solidarité, et vise à créer une force de changement puissante en Ukraine, notamment en défendant les droits des femmes grâce à la participation directe et à la visibilité des militantes.

14 Mai 2026
La police nationale reste inactive après l'agression d'Olena Shevchenko et d'Anastasiia Gerasymenko

Le 10 mai 2026, six hommes non identifiés ont agressé les défenseuses des droits humains Olena Shevchenko et Anastasiia Gerasymenko dans la ville d'Ivano-Frankivsk, en Ukraine. Elles revenaient d'une manifestation pacifique contre le nouveau projet de Code civil ukrainien, que la Verkhovna Rada (le Parlement ukrainien) a adopté en première lecture le 28 avril 2026. Après l'agression, les défenseuses ont fait face à de grandes difficultés lorsqu'elles ont tenté de signaler l'incident aux forces de l'ordre locales, devant insister pour que la police accepte leur plainte.

Download the Urgent Appeal

 

ILGA World), coprésidente de la Conférence européenne des lesbiennes* et coprésidente de la Coalition contre la discrimination en Ukraine.

Anastasiia Gerasymenko est une défenseuse des droits humains et une militante féministe qui dirige l'initiative « Марш Жiнок » (Marche des femmes) en Ukraine. Cette initiative s'appuie sur les valeurs de sororité et de solidarité, et vise à créer une force de changement puissante en Ukraine, notamment en défendant les droits des femmes grâce à la participation directe et à la visibilité des militantes.

Le 10 mai 2026, Olena Shevchenko et Anastasiia Gerasymenko ont participé à une manifestation pacifique à Ivano-Frankivsk contre le nouveau projet de Code civil ukrainien. Ce projet de loi, en particulier les dispositions relatives aux droits des femmes et des personnes LGBTIQ, a été largement critiqué par les défenseur⸱ses des droits humains ukrainiens et a donné lieu à plusieurs manifestations pacifiques à travers le pays. Lorsque la manifestation s’est achevée, vers 15 h 30, les défenseuses des droits humains ont déclaré avoir été suivies par au moins six hommes qui venaient de participer à l'action publique parallèle intitulée « Pour les valeurs traditionnelles ». Les hommes ont attaqué Olena Shevchenko et Anastasiia Gerasymenko par derrière, les ont poussées à terre, leur ont pris leurs affiches et ont pris la fuite. Des agents des forces de l'ordre étaient présents lors de l'attaque et ont même arrêté l'un des agresseurs. Cependant, ils ont refusé de recueillir la déposition des défenseuses après l'incident. Olena Shevchenko et Anastasiia Gerasymenko ont donc dû se rendre à la Direction générale de la police nationale de la région d'Ivano-Frankivsk pour porter plainte.

Lorsqu’elles ont voulu signaler l'agression à la police, elles ont dû attendre plus de cinq heures avant de pouvoir déposer plainte. Pendant ce temps, les agents ne leur ont pas permis d'aller aux toilettes. Les défenseuses des droits humains ont indiqué que les policiers avaient tenté à plusieurs reprises de les dissuader de porter plainte. De plus, les forces de l'ordre ont refusé de reconnaître le caractère potentiellement discriminatoire de l'agression ou de la considérer comme un crime de haine. Les agents ont refusé de leur donner une copie de la plainte et le numéro d'enregistrement qui lui avait été attribué, enfreignant ainsi le code de conduite. Le texte de la plainte enregistré par l'un des agents comportait plusieurs erreurs factuelles, notamment une date de naissance erronée pour Olena Shevchenko et la mention du prénom « Antoina » pour désigner Anastasiia Gerasymenko.

Olena Shevchenko a déjà été prise pour cible en raison de son engagement en faveur des droits humains. Le 14 avril 2022, alors qu’elle déchargeait de l’aide humanitaire fournie par l’organisation Women’s March à Lviv, un inconnu s’est approché d’Olena Shevchenko et a utilisé du gaz lacrymogène contre elle. La police nationale n'a pas enquêté sur cette affaire et n'a pas donné suite à la demande de l'avocat d'Olena Shevchenko. En mai 2026, il n’y a toujours aucune avancée dans cette affaire. Front Line Defenders constate l'absence d'enquêtes sur les crimes haineux commis à l'encontre des défenseur⸱ses des droits humains qui œuvrent en faveur des questions LGBTIQ en Ukraine.

Front Line Defenders est profondément préoccupée par le schéma d'attaques systématiques dont sont victimes les défenseur·ses des droits des personnes LGBTIQ en Ukraine depuis plusieurs années, ainsi que par l'incapacité à traduire les coupables en justice. L'organisation condamne l'agression dont ont été victimes les défenseuses des droits humains Olena Shevchenko et Anastasiia Gerasymenko, qui semble être un acte de représailles contre leur travail pacifique et légitime en faveur des droits humains visant à protéger et à promouvoir les droits des femmes et des personnes LGBTIQ en Ukraine. Front Line Defenders reste préoccupée par le manque persistant d'efforts de la part de la police nationale ukrainienne pour enquêter sur les cas d'agressions contre les défenseur⸱ses des droits humains qui œuvrent en faveur des droits des personnes LGBTIQ. Les attaques visant les défenseur·ses des droits des personnes LGBTIQ et leurs organisations, ainsi que l'absence de poursuites pour ces crimes, ont un effet dissuasif sur la société civile.

Front Line Defenders exhorte les autorités ukrainiennes à:

  1. Condamner publiquement l'agression dont ont été victimes les défenseuses des droits humains Olena Shevchenko et Anastasiia Gerasymenko ;
  2. Veiller à ce que toutes les mesures nécessaires soient prises pour garantir qu’Olena Shevchenko et Anastasiia Gerasymenko aient accès à une assistance médicale et juridique si besoin, et pour préserver leur intégrité physique et psychologique ;
  3. Ouvrir immédiatement une enquête approfondie et impartiale sur l'agression dont ont été victimes Olena Shevchenko et Anastasiia Gerasymenko, en publier les conclusions et traduire les responsables en justice conformément au droit international ;
  4. Veiller à ce que les défenseur·ses des droits des personnes LGBTIQ et des femmes soient reconnus comme faisant partie intégrante de la société civile et bénéficient de toute la protection nécessaire ;
  5. Garantir qu’en toutes circonstances tous les défenseur⸱ses des droits humains en Ukraine puissent mener à bien leurs activités sans craindre ni restrictions ni représailles, conformément aux obligations internationales de l’Ukraine.