Déclaration Conjointe : Solidarité et soutien international aux communautés de Las Naves, San Luis de Pambil et Zapotal, ainsi qu’au CEDHU
Nous, les 47 organisations nationales et internationales soussignées, exprimons notre solidarité et notre soutien inconditionnel aux communautés rurales de Las Naves, San Luis de Pambil et Zapotal, dans la province de Bolívar, en Équateur, qui défendent leurs territoires, leur eau, leur souveraineté alimentaire et leurs moyens de subsistance contre l’impact des activités minières. Nous exprimons également notre solidarité envers la Commission œcuménique des droits de l'homme (CEDHU) ainsi qu'à toutes les organisations et personnes en Équateur qui leur apportent un soutien juridique et en matière de communication afin de garantir que les efforts visant à défendre les droits humains et à protéger l'environnement puissent se poursuivre.
Dans un contexte marqué par des législations régressives qui portent atteinte aux droits humains, ainsi que par des restrictions concernant la participation et l’accès à la justice, il est essentiel de reconnaître que, sans soutien technique et juridique, la capacité des communautés à réagir efficacement aux menaces serait réduite et affaiblie. Le travail consistant à recenser les violations, à fournir des conseils juridiques et à sensibiliser le public aux conflits n'est pas simplement un service ; il s'agit d'une action légitime visant à défendre les droits humains, protégée par des instruments internationaux fondamentaux :
L'article 1er de la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l'homme (1998) reconnaît le droit de toute personne et de toute organisation de « promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’homme » et donc de protéger celles et ceux qui participent à cette défense ainsi que celles et ceux qui leur apportent leur aide.
Les rapports et les lignes directrices de la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) soulignent l'obligation qui incombe à l'État de protéger les défenseur·ses de l'environnement et les personnes qui leur apportent une assistance juridique, en reconnaissant que la criminalisation de cette action constitue une violation des droits à la liberté d'expression et d'association.
L'Accord d'Escazú garantit aux communautés le droit d'accéder à la justice pour les questions environnementales et prévoit l'obligation pour l'État de protéger les défenseur·ses de l'environnement.
Nous, les organisations soussignées, réaffirmons que le soutien juridique et politique apporté par la CEDHU et d'autres réseaux est essentiel pour rééquilibrer les rapports de force et garantir la responsabilité de l'État. Nous sommes conscients que ce travail ne doit pas faire l'objet de stigmatisation ou de persécution. Défendre les droits, fournir des conseils juridiques aux victimes et exiger des mesures de protection de l'environnement sont des actions légitimes qui méritent d'être protégées, et non d'être sanctionnées.
Les communautés paysannes ne se contentent pas de défendre leurs terres ; elles préservent également leurs sources d'eau, leur alimentation, leurs moyens de subsistance et leur droit de prendre des décisions concernant leurs territoires. L'action des organisations qui les soutiennent permet de garantir que ces droits soient reconnus dans la jurisprudence nationale et internationale. Aucune activité minière ni aucun autre projet d'extraction ne peut primer sur la vie ou sur les mécanismes juridiques destinés à la protéger.
Pour toutes les raisons susmentionnées, nous signons collectivement cette déclaration afin de :
- Affirmer la légitimité de l'action menée par les communautés rurales en faveur de la défense des droits humains, ainsi que celle du soutien apporté par les organisations sociales.
- Déclarer que nos organisations soutiennent la défense légitime des droits humains dans le cadre des actions de protection dans l'affaire Las Naves.
- Appeler les autorités équatoriennes à mettre fin à toutes les formes de harcèlement à l'encontre des communautés et des organisations qui soutiennent cette cause.
- Demander à la Cour constitutionnelle de l'Équateur de se prononcer sur les recours relatifs à l'inconstitutionnalité de la loi sur la transparence sociale et de son règlement d'application, qui, en fin de compte, restreignent l'exercice des droits fondamentaux et enfreignent les normes internationales en matière de droits humains.
Nous, les organisations soussignées, réaffirmons qu’il incombe aux États de respecter les droits humains, de protéger les terres et de garantir la sécurité de ceux qui les défendent. Nous resterons vigilants face à toute mesure susceptible de limiter ou de restreindre l'exercice des droits humains et la protection de l'environnement en Équateur.
Les organisations :
- Centro de Estudios Legales y Sociales (CELS) - Argentine
- FOCO INPADE - Argentine
- Programa Somos Defensores -Colombie
- Asociación de Abogadas, Abogados, Jueces y Fiscales de América Latina y el Caribe (AJUDIFH) - 22 countries in Latin America and the Caribbean
- CIVICUS, Alianza Global para la Participación Ciudadana - Afrique du Sud
- Fundación Regional de Asesoría en Derechos Humanos INREDH - Equateur
- Red Nacional de Organismos Civiles de Derechos Humanos "Todos los Derechos para Todas, Todos y Todes" (Red TDT) - Mexique
- Centro de Investigación y Promoción de los Derechos Humanos CIPRODEH - Honduras
- Asociación Pro Derechos Humanos -APRODEH - Peru
- Red Muqui - Pérou
- Mujeres por el Cambio - Equateur
- Liga Argentina por los Derechos Humanos - Argentine
- Centro de Políticas Públicas y Derechos Humanos (Perú EQUIDAD) - Pérou
- coordinadora de derechos humanos del Paraguay - Codehupy - Paraguay
- Observatorio Latinoamericano de Conflictos Ambientales - OLCA - Chili
- Coordinadora Ecuatoriana de Organizaciones para la Defensa de la Naturaleza y el Medio Ambiente CEDENMA - Equateur
- FEPP - Equateur
- FIAN Alemania e.V - Allemagne
- WRM - World Rainforest Movement - Uruguay
- Fundación Libera Contra la Trata de Personas y la Esclavitud en Todas sus Formas - Chili
- CooperAcción- Perú - Pérou
- ONG Sustentarse - Chili
- COMUNÁLISIS- Equateur
- Proyecto sobre Organización, Desarrollo, Educación e Investigación (PODER) - Mexique
- Espacio de Organizaciones de la Sociedad Civil para la Protección de Personas Defensoras de Derechos Humanos y Periodistas (Espacio OSC). - Mexique
- Grupo Rescate Escolar (GRE) - Equateur
- Colectivo Mujeres de Asfalto - Equateur
- Miradas Negras - Equateur
- Amandla medio - Equateur
- Red de Mujeres Rurales y Diversas del Ecuador - TEJER - Equateur
- Fundación de Asesoría en Derechos Humanos - INREDH - Equateur
- Amazon Frontlines - San Francisco
- Colectivo Ansur-Colombie
- Colectivo Acción Ecológica - Equateur
- Quito Sin Minería - Equateur
- Liga Mexicana por la Defensa de los Derechos Humanos, Limeddh - Mexique
- Fundación DEFENSA NNA - Equateur
- Front Line Defenders - Irlande
- LAWG
- Colectivo de Abogados y Abogadas José Alvear Restrepo - Colombie
- Comité Permanente por la Defensa de los Derechos Humanos
- Fundación Ambiente y Recursos Naturales (FARN) - Argentine
- Observatorio para la Defensa de los Derechos y las Libertades (OTEANDO) - Espagne
- Coordinación contra la precariedad, el empobrecimiento y la exclusión-BALADRE - Espagne
- Erletxea - Pays Basque
- Colectivo sobre Financiamiento e Inversiones Chinas, Derechos Humanos y Ambiente (CICDHA)
- Fundación Celid Plural
